Les conséquences d’une bombe médiatique
Les révélations de l’arrière-grand-père relancent le débat sur l’irrévocabilité des classements sans suite. « La prescription ne doit pas empêcher la vérité », insiste Me Dubois, avocate spécialisée en droit des victimes, évoquant une possible réouverture exceptionnelle du dossier. Certains magistrats évoquent toutefois un risque de jurisprudence qui « déstabiliserait des milliers d’affaires closes ».
L’emballement médiatique place les institutions face à un dilemme sans précédent. Alors que des chaines d’info en continu consacrent des débats enflammés au cas Émile, une pétition réclamant une commission d’enquête parlementaire dépasse les 150 000 signatures. « Ce tsunami émotionnel peut fausser le travail judiciaire », met en garde un éditorialiste, quand d’autres saluent une libération de la parole des familles de disparus.
Les nouvelles pistes et la bataille judiciaire à venir
L’équipe d’avocats de la famille annonce trois axes d’investigation prioritaires : réexamen du témoignage du voisin écarté, analyse indépendante des prélèvements ADN et audition des gendarmes en poste en 2023. « Nous avons identifié des incohérences flagrantes dans les procès-verbaux », assure Me Legrand, qui prépare une requête en réouverture auprès du parquet de Lyon.
Des sources proches du dossier évoquent une possible exhumation du corps pour de nouvelles expertises médico-légales. « Les techniques ont évolué, nous exigeons la transparence totale », martèle un oncle d’Émile. Face à cette offensive, le procureur concerné se dit « ouvert à toute piste crédible », tout en rappelant que « les moyens juridiques actuels limitent les possibilités ». Une audience cruciale est fixée le 15 avril devant la cour d’appel.