Cette affaire, qui tient la France en haleine depuis décembre 2020, s’apprête à connaître un nouveau chapitre décisif. Un procès qui s’annonce particulièrement complexe, dans un dossier marqué par l’absence de corps, d’aveux ou même de scène de crime identifiée.
L’interminable attente judiciaire dans l’affaire Jubillar touche à sa fin. Plus de quatre ans après la mystérieuse disparition de Delphine Jubillar, la justice vient enfin de fixer une date pour le procès de son mari Cédric. Ce lundi 10 mars 2025, une source judiciaire a confirmé que l’audience s’ouvrira le 22 septembre 2025 devant la Cour d’assises du Tarn, à Albi.


Cette affaire, qui tient la France en haleine depuis décembre 2020, s’apprête à connaître un nouveau chapitre décisif. Un procès qui s’annonce particulièrement complexe, dans un dossier marqué par l’absence de corps, d’aveux ou même de scène de crime identifiée.
Une disparition qui continue d’intriguer la France
Tout commence dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, en plein couvre-feu lié à la pandémie de Covid-19. Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans, s’évanouit dans la nature à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Son mari Cédric signale sa disparition aux autorités, déclenchant l’une des plus importantes enquêtes criminelles de ces dernières années.
Les investigations menées pendant des mois aboutissent à la mise en examen de Cédric Jubillar pour meurtre le 18 juin 2021. Le peintre-plaquiste est immédiatement placé en détention provisoire, où il se trouve encore aujourd’hui, continuant de clamer son innocence.
Un dispositif judiciaire exceptionnel
Le procès, qui pourrait s’étendre sur trois à quatre semaines, mobilisera des moyens hors du commun. La cour d’appel de Toulouse a d’ailleurs annoncé un dispositif inédit avec deux avocats généraux pour soutenir l’accusation : l’un issu du parquet général, l’autre du parquet de Toulouse.
Pourquoi deux avocats généraux ?
Cette configuration exceptionnelle vise à sécuriser la tenue du procès sur sa longue durée et permet d’associer le parquet de Toulouse qui a suivi l’ensemble de l’instruction judiciaire.
Me Alexandre Martin, l’un des trois avocats de la défense, évoque un procès « hors normes » où « tout est contesté ». Un défi majeur attend les magistrats : celui de juger une affaire sans corps ni aveux, reposant sur un faisceau d’indices et de preuves indirectes.
Dans la tête de l’accusé
L’expertise psychiatrique de Cédric Jubillar, réalisée en détention, révèle un profil complexe. Les entretiens mettent en lumière un homme décrit comme immature et égocentrique, marqué par une enfance difficile et une forte dépendance au cannabis – jusqu’à 25 joints par jour selon ses propres déclarations.
Les déclarations troublantes de Cédric Jubillar
Lors des entretiens psychiatriques, l’accusé a prononcé plusieurs phrases interpellantes, notamment « Si je suis le meurtrier, il vaut mieux que je quitte le Tarn » ou encore « Je suis un criminel comme les autres », tout en continuant à proclamer son innocence.
Les experts notent également que l’accusé ne prononce jamais le prénom de son épouse, la désignant simplement comme « madame ». Il reconnaît des disputes fréquentes au sein du couple, principalement liées à des questions d’argent, admettant avoir déjà eu des gestes violents envers elle quelques mois avant sa disparition.
Les enjeux d’un procès attendu
Malgré l’absence d’éléments matériels directs, les enquêteurs ont progressivement construit leur conviction sur la culpabilité de Cédric Jubillar, s’appuyant sur un ensemble de preuves qu’ils jugent troublantes. La défense, elle, dénonce un dossier fragile basé selon elle sur des présomptions.
À l’instar d’autres affaires médiatiques comme les disparitions du petit Émile ou de Lina, ce procès cristallise l’attention du public et des médias. Il devra répondre à une question centrale : peut-on condamner dans une affaire sans corps ? Cédric Jubillar reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés jusqu’au jugement définitif.