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« Je suis tatoueuse et voici les pires motifs qu’on me demande »

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Le tatouage, autrefois réservé à une frange marginale de la population, a connu un essor fulgurant ces dernières années en France. Avec un Français sur cinq arborant fièrement un tatouage en 2023, cette forme d’art corporel s’est démocratisée et est devenue un véritable phénomène de société. Mais comme dans tout domaine soumis aux tendances, certains motifs de tatouages, jadis très en vogue, semblent aujourd’hui passés de mode. C’est le constat dressé par Alice Nicholls, une tatoueuse chevronnée qui livre son éclairage sur cette évolution des goûts en matière de tatouages.

Forte de plus de dix ans d’expérience dans le domaine du tatouage, Alice Nicholls est la propriétaire du salon Fine Art of Tattoo, situé dans la région de l’Essex au sud-est de l’Angleterre. Cette professionnelle aguerrie a observé, au fil des années, des changements notables dans les demandes de ses clients. Selon elle, certains motifs de tatouages, qui ont longtemps été des incontournables, sont aujourd’hui en perte de vitesse et tendent à devenir obsolètes.

Parmi les motifs de tatouages qui semblent avoir fait leur temps, Alice Nicholls cite en premier lieu les tatouages tribaux. Ces dessins abstraits, souvent composés de formes géométriques et de courbes entrelacées, ont connu leur heure de gloire dans les années 1990 et 2000, mais apparaissent aujourd’hui comme dépassés. Dans la même veine, les tatouages représentant des étoiles ou des symboles de l’infini, autrefois très prisés, semblent également avoir perdu de leur attrait.

Les tatouages bas du dos, surnommés les “tramp stamps” dans les pays anglo-saxons, figurent aussi dans la liste des motifs en déclin selon la tatoueuse. Enfin, Alice Nicholls pointe du doigt la tendance, autrefois répandue, de choisir un motif au hasard sur le mur d’un studio de tatouage, sans réelle réflexion préalable. Une pratique qui semble de moins en moins séduire les amateurs de tatouages.

Si ces motifs “old-school” sont en perte de vitesse, c’est parce que les goûts et les attentes en matière de tatouages ont évolué, explique Alice Nicholls. Les nouvelles générations de tatoués recherchent davantage d’originalité et de personnalisation dans leurs créations corporelles. Fini le temps où l’on choisissait un motif à la hâte dans le catalogue d’un studio. Aujourd’hui, les clients prennent le temps de réfléchir au sens qu’ils souhaitent donner à leur tatouage et optent pour des dessins plus détaillés et travaillés.

Cette quête d’authenticité et de singularité se traduit par un engouement pour des tatouages plus fins, délicats et riches en détails. Les tatoués cherchent à exprimer leur individualité à travers des œuvres uniques et significatives, qui reflètent leur personnalité et leur histoire personnelle. Une tendance qui témoigne d’une maturation dans l’approche du tatouage, devenu un véritable moyen d’expression artistique et identitaire.

Mais alors, quels sont les nouveaux motifs de tatouages qui ont le vent en poupe ? Alice Nicholls, toujours à l’affût des dernières tendances, a repéré plusieurs styles émergents particulièrement prisés par ses clients. Parmi eux, l’art du recouvrement de vieux tatouages, aussi appelé “cover-up”, qui consiste à dissimuler un tatouage devenu indésirable sous un nouveau dessin plus élaboré et esthétique. Les techniques de dissimulation et d’explosion utilisées par les tatoueurs pour réaliser ces prouesses suscitent un vif intérêt chez les tatoués en quête de renouveau.

Autre tendance remarquée par la tatoueuse : les tatouages “scrapbooking”, particulièrement appréciés des jeunes. Cette technique consiste à regrouper sur une même zone du corps plusieurs petits tatouages qui, mis bout à bout, racontent une histoire ou illustrent la personnalité du tatoué. Une manière créative et ludique de porter littéralement sa vie sur sa peau. Enfin, Alice Nicholls constate un engouement croissant pour les tatouages fins et délicats, aux traits légers et précis, qui séduisent par leur élégance et leur raffinement.

Le succès de ces nouvelles tendances s’inscrit dans un contexte de véritable boom du tatouage en France. Selon une étude menée en 2023, un Français sur cinq arbore fièrement un tatouage sur sa peau. Un chiffre qui a doublé en l’espace de quinze ans, témoignant de l’engouement croissant des Français pour cette forme d’art corporel. Si la France reste encore loin derrière les États-Unis, où un tiers des adultes sont tatoués, elle n’en demeure pas moins un marché en pleine expansion pour les professionnels du tatouage.

Cette démocratisation du tatouage s’explique en partie par un changement de perception de cette pratique dans la société. Autrefois associé à une image de marginalité ou de rébellion, le tatouage est aujourd’hui davantage considéré comme une forme d’expression artistique et un moyen d’afficher son individualité. Popularisé par les célébrités, les sportifs et les influenceurs, le tatouage s’est peu à peu affranchi de son image sulfureuse pour devenir un accessoire de mode à part entière.

En définitive, l’art du tatouage apparaît comme un domaine en constante évolution, soumis aux aléas des modes et des tendances. Si certains motifs autrefois incontournables semblent aujourd’hui désuets, de nouveaux styles émergents viennent sans cesse renouveler la pratique et stimuler la créativité des tatoueurs. Cette mutation perpétuelle reflète les changements de goûts et d’aspirations d’une société elle-même en mouvement.

Mais au-delà des effets de mode, il est crucial de rappeler que le tatouage reste un acte fort et durable, qui marque la peau de manière indélébile. Avant de franchir le pas, il est donc essentiel de prendre le temps de la réflexion, de choisir un motif qui résonne profondément en soi et un artiste tatoueur en qui l’on a confiance. Car un tatouage réussi est avant tout celui qui nous ressemble et nous accompagne avec bonheur tout au long de notre vie.


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