Témoignages-chocs : les riverains racontent l’indicible devant la cour d’assises
Gérard, voisin direct, livre un récit à fleur de peau : « La femme hurlait « À l’aide ! » pendant qu’il rechargeait son arme. Je pensais à mes propres enfants… ». Les images de vidéosurveillance montrent l’accusé quittant les lieux avec une calme troublant, son bidon d’essence vide à la main. Une scène qualifiée de « déambulation mortifère » par le psychiatre commis d’office.
L’analyse du comportement post-crime divise experts et jurés. Alors que la défense parle de « transe dissociative », l’accusation souligne les gestes méthodiques : rangement des armes, vérification des poches, évitement des caméras. Un autre témoin pleure à la barre : « On l’entendait marmonner « C’est fait » en marchant… ». La description contraste avec le portrait d’un « père attentionné » dressé par certains proches.
Féminicides en France : pourquoi cette affaire relance le débat sur la protection des victimes
Avec 18 féminicides recensés en Nouvelle-Aquitaine depuis janvier 2025, cette région dépasse déjà le bilan de 2024. Le cas Chahinez Daoud symbolise les failles systémiques : la victime avait déposé plainte en 2020 pour violences conjugales, classée sans suite pour « manque de preuves ». Une cellule « Grenelle » créée après le drame révèle que 73% des féminicides surviennent après séparation.
Les associations dénoncent l’abus des expertises psychiatriques dans les dossiers de violences. « On invente des pathologies pour excuser la barbarie », s’indigne Muriel Guillotin de l’association Solidarité Femmes. Le procureur souligne le délai moyen de 18 mois pour traiter les mains courantes, malgré le numéro « Danger immédiat » (39 19). Une faille tragiquement illustrée par les derniers mots de Chahinez à sa sœur : « Il me suit partout… ».