Dans une société souvent déchirée par les conflits et la violence, certaines histoires nous rappellent que l’humanité peut transcender la haine. Ce dimanche 16 mars 2025, sur le plateau de Sept à Huit, deux femmes témoignent d’un parcours extraordinaire vers la réconciliation. Roseline Hamel, sœur du père Jacques Hamel assassiné en 2016, et Nassera Kermiche, mère de l’un de ses assassins, se présentent main dans la main devant Audrey Crespo-Mara.
Leur histoire défie l’entendement et bouleverse les certitudes. Alors que tout semblait les opposer, ces deux femmes ont choisi de transformer leur douleur en message d’espoir. Un témoignage poignant qui illustre comment le dialogue et la compassion peuvent triompher de la violence et de la vengeance.
Le drame qui a bouleversé la France


Le 26 juillet 2016, la France est sous le choc. Dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen, le père Jacques Hamel est sauvagement assassiné en pleine messe par deux terroristes islamistes. Un acte barbare qui marque profondément le pays et laisse deux familles dévastées : celle du prêtre martyrisé et celle de l’un des assassins, abattus le jour même par les forces de l’ordre.
L’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray
Premier attentat contre une église en France, cet événement a marqué un tournant dans la lutte contre le terrorisme. Le père Jacques Hamel, âgé de 85 ans, est devenu un symbole du dialogue interreligieux et fait l’objet d’une procédure de béatification.
Pour Roseline Hamel, le choc est brutal : « Je hurle le nom de mon frère comme s’il pouvait m’entendre et revenir ». De son côté, Nassera Kermiche est plongée dans une « sidération » totale, rongée par la culpabilité et les questionnements : « Comment mon fils a-t-il dévié de la sorte ? Est-ce que j’ai été une bonne mère ? »
De la douleur à la rencontre
Le destin de ces deux femmes bascule lorsque Roseline Hamel fait le premier pas. Dépassant sa propre souffrance, elle tend la main à celle qui pourrait être considérée comme « l’ennemie ». « Qui peut souffrir plus que moi ? Si j’étais la maman de ce fils, quelle pourrait être ma douleur ? » Cette réflexion marque le début d’un rapprochement inédit.
Un message d’espoir pour l’avenir
Leur témoignage prend aujourd’hui une nouvelle dimension avec la publication de « Sœurs de douleur », un ouvrage écrit par le journaliste Samuel Lieven aux éditions XO. À travers ce livre, elles partagent leur parcours vers la réconciliation et démontrent que le pardon est « le seul chemin pour tenir debout ».
La prévention de la radicalisation en France
Nassera Kermiche avait alerté les autorités sur la radicalisation de son fils avant le drame. Depuis, de nombreux dispositifs ont été renforcés, notamment avec la création du Hub de connaissances de l’UE sur la prévention de la radicalisation en 2024.
Sur les réseaux sociaux, leur intervention commune sur TF1 suscite une vague d’émotion. Ces deux femmes, unies dans leur chagrin, portent un message universel : face à l’obscurantisme et à la haine, la lumière peut jaillir de la rencontre et du dialogue.