Le monde du cinéma franco-belge est en deuil. L’actrice Emilie Dequenne s’est éteinte à l’âge de 43 ans après un long combat contre le corticosurrénalome, un cancer rare de la glande surrénale. Cette disparition prématurée, bien que sa santé fût connue comme précaire ces dernières années, a profondément bouleversé le milieu artistique.
C’est au crématorium du Père-Lachaise que ses proches et admirateurs pourront lui rendre un dernier hommage le 26 mars prochain à 15h30. Une décision qui peut surprendre pour cette artiste belge qui n’a jamais caché son attachement à ses racines, mais qui reflète son parcours artistique transcendant les frontières.
Un dernier adieu sobre et porteur de sens
L’actrice a fait le choix de la crémation plutôt que de l’inhumation traditionnelle. À l’heure actuelle, le mystère demeure quant à la destination finale de ses cendres, qui pourront soit être conservées dans une urne au Père-Lachaise, soit être dispersées dans un lieu qui reste à déterminer.
Son mari Michel Ferracci et sa fille Milla, 22 ans, ont émis un souhait particulier pour ces obsèques : privilégier les dons à la recherche plutôt que les traditionnels bouquets de fleurs. Une démarche similaire à celle adoptée par la famille de Catherine Laborde, également touchée par une maladie rare.
Qu’est-ce que le corticosurrénalome ?
Il s’agit d’une tumeur maligne extrêmement rare qui touche la glande surrénale, avec seulement 1 à 2 cas par million d’habitants chaque année. Cette maladie nécessite une prise en charge complexe et multidisciplinaire, d’où l’importance cruciale de la recherche médicale.
Un combat pour faire avancer la recherche
Cette initiative de la famille s’inscrit dans une volonté de donner du sens à cette perte tragique. Les fonds récoltés seront intégralement reversés à la recherche contre le corticosurrénalome, une pathologie qui nécessite des moyens considérables pour progresser dans sa compréhension et son traitement.
La décision de transformer le deuil en opportunité de soutenir la recherche médicale résonne particulièrement dans le contexte actuel, où les besoins en financement pour l’innovation thérapeutique sont colossaux. Cette démarche pourrait contribuer à améliorer les chances de survie des futurs patients atteints de cette forme rare de cancer.
L’héritage d’une artiste d’exception
Révélée au grand public par son rôle dans « Rosetta » des frères Dardenne, qui lui a valu le Prix d’interprétation féminine à Cannes en 1999, Emilie Dequenne laisse derrière elle une filmographie impressionnante. Sa capacité à incarner des personnages complexes et sa présence magnétique à l’écran ont marqué le cinéma européen.
Une carrière couronnée de succès
Emilie Dequenne s’est distinguée tout au long de sa carrière par des choix artistiques audacieux et des interprétations saluées par la critique. Son talent a été récompensé par de nombreuses distinctions, dont le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour « De rouille et d’os » en 2013.
Les hommages qui affluent depuis l’annonce de son décès témoignent de l’impact profond qu’elle a eu sur le cinéma franco-belge. Ses collaborateurs et amis saluent unanimement son professionnalisme, sa générosité et son authenticité, qualités qui ont fait d’elle une artiste respectée et appréciée de tous.