Ce mardi, Pascale L., 62 ans, se présente à la barre pour répondre de faits de harcèlement moral envers trois élèves mineurs, dont Evaëlle, entre 2018 et 2019. Le 21 juin 2019, la jeune fille s’était donné la mort par pendaison dans sa chambre, un drame qui avait bouleversé la France entière et relancé la lutte contre le harcèlement scolaire.
Six ans après le suicide tragique d’Evaëlle, une collégienne de 11 ans, le tribunal correctionnel de Pontoise examine les accusations de harcèlement portées contre son ancienne professeure de français. Une affaire qui ravive le débat sur le harcèlement scolaire et la responsabilité des adultes censés protéger les élèves.


Ce mardi, Pascale L., 62 ans, se présente à la barre pour répondre de faits de harcèlement moral envers trois élèves mineurs, dont Evaëlle, entre 2018 et 2019. Le 21 juin 2019, la jeune fille s’était donné la mort par pendaison dans sa chambre, un drame qui avait bouleversé la France entière et relancé la lutte contre le harcèlement scolaire.
Des méthodes pédagogiques controversées sous le feu des critiques
Les témoignages d’anciens élèves dressent le portrait d’une enseignante aux méthodes contestées. Isolement au fond de la classe, humiliations publiques, propos dégradants : les accusations s’accumulent contre celle qui ciblait particulièrement les élèves en difficulté. Une pétition avait même été rédigée par les élèves de 3e pour dénoncer son comportement.
L’événement le plus marquant reste cette vie de classe organisée autour du thème « Pourquoi Evaëlle se sent-elle harcelée et exclue par la classe ? ». Une séance qu’Evaëlle avait décrite à ses parents comme « la pire journée de sa vie », et qui cristallise aujourd’hui les accusations d’incitation au harcèlement.
Un temps dédié au dialogue entre le professeur principal et ses élèves pour aborder les difficultés rencontrées, la vie de l’établissement et favoriser la cohésion du groupe.
« Je ne me sens pas coupable » : la défense de l’enseignante
Face aux juges, Pascale L. maintient sa position : elle nie catégoriquement toute responsabilité dans le drame. « La famille d’Evaëlle me tient pour responsable du décès de leur fille. C’est très lourd à porter », déclare-t-elle, tout en rejetant tout sentiment de culpabilité. Concernant la controversée vie de classe, elle affirme que son intention était de « régler définitivement ses problèmes relationnels ».
Forte de ses 30 ans d’expérience sans incident notable, l’enseignante se décrit comme « exigeante » mais pas « redoutée ». Elle reconnaît avoir peut-être utilisé des mots « pas opportuns » comme « débile », mais réfute catégoriquement l’usage du terme « teube » et l’existence de « chouchous » et de « cibles » dans sa classe.
Un procès aux enjeux multiples
Cette affaire met en lumière la complexité du harcèlement scolaire, où les frontières entre autorité pédagogique et abus de pouvoir peuvent parfois sembler floues. Le cas d’Evaëlle s’ajoute à une liste tragique de jeunes victimes, comme Lindsay, rappelant l’urgence d’agir contre ce fléau.
En France, environ 800 000 élèves sont victimes de harcèlement scolaire chaque année. Le phénomène touche 6 à 10% des écoliers et collégiens.
Alors que trois élèves avaient déjà été mis en examen dans cette affaire, le procès de Pascale L. pose la question de la responsabilité des adultes dans la chaîne du harcèlement. Le verdict attendu pourrait faire jurisprudence et influencer la manière dont le système éducatif appréhende ces situations à l’avenir.