Affaire Emile : Le clan familial éclaté par les écoutes téléphoniques ? Homicide volontaire et recel de cadavre au cœur des gardes à vue

Julie K.
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Affaire Émile : les grands-parents maternels et deux de leurs enfants majeurs sont placés en garde à vue ce 25 mars 2025 pour homicide volontaire et recel de cadavre, près d’un an après la découverte des ossements de l’enfant. Les écoutes téléphoniques ordonnées par les enquêteurs mettent en lumière des « dissensions » au sein de cette famille catholique pourtant présentée comme unie, révèle Le Parisien. Un rebondissement judiciaire qui ébranle l’image d’un clan « pas si soudé » que prévu.

Un clan familial sous les verrous : gardes à vue pour homicide volontaire

Philippe et Anne Vedovini, grands-parents maternels d’Émile, ainsi que deux de leurs neuf enfants majeurs, ont été interpellés à l’aube du 25 mars 2025 à La Bouilladisse, dans les Bouches-du-Rhône. Les quatre membres de la famille sont suspectés d’homicide volontaire et de recel de cadavre, près d’un an après la découverte du crâne de l’enfant par une randonneuse près du Haut-Vernet. Les perquisitions en cours dans leur domicile visent à confirmer ou infirmer les « éléments probants » collectés depuis juillet 2023, date de la disparition du petit garçon.

L’enquête, relancée en mars 2024 après la macabre découverte des ossements, s’est focalisée sur les contradictions des premiers témoignages. « Ils surveillaient Émile ce jour-là », rappelle une source proche du dossier, soulignant que l’enfant était en vacances chez ses grands-parents lors de sa disparition. Malgré l’image d’un clan « catholique et pieux », les écoutes téléphoniques ont révélé des tensions persistantes entre générations, accréditant l’hypothèse d’un drame familial.

Écoutes téléphoniques : le masque d’unité craque

Les enquêteurs ont obtenu des écoutes judiciaires dès mars 2024, autorisées par un juge pour éclaircir les zones d’ombre du témoignage des Vedovini. Ces enregistrements, couvrant plusieurs semaines, ont exposé des « échanges tendus » entre les parents d’Émile et ses grands-parents, comme le révèle Le Parisien. « Ils parlaient de responsabilités, de mensonges… Rien ne collait avec leur discours public », confie une source policière.

Le média précise que ces conversations ont mis en évidence un clivage générationnel, notamment sur la gestion de l’après-disparition. Alors que la famille affichait une « solidarité sans faille » lors des hommages publics, les écoutes décrivent des accusations voilées et l’absence d’alibi concordant pour le 8 juillet 2023. Un proche du dossier résume : « Leurs silences parlaient plus fort que leurs déclarations. »

Philippe Vedovini, une figure au passé trouble sous le feu des enquêteurs

Dès les premiers jours de l’enquête, Philippe Vedovini, le grand-père maternel, a été décrit par des proches comme un « patriarche autoritaire » au passé familial complexe. Des sources judiciaires évoquent des « conflits non résolus » remontant à plusieurs années, sans préciser leur nature. Son attitude lors des auditions de 2023 – « tranchante, parfois contradictoire » – avait déjà retenu l’attention des gendarmes.

Les écoutes ont confirmé son rôle central dans les dissensions familiales. Alors qu’il clamait « tout ignorer » de la disparition, des conversations interceptées le montreraient impliqué dans des discussions ambiguës sur les événements du 8 juillet 2023. Une enquêtrice souligne : « Ses explications sur l’emploi du temps ce jour-là varient selon ses interlocuteurs. » La pression judiciaire s’est accentuée après la découverte d’une anomalie chronologique dans son récit.