De rockstar à tueur : le cas Cantat, la nouvelle série documentaire de Netflix, plonge dans l’ombre de Bertrand Cantat à travers le prisme des vies brisées de Marie Trintignant et Krisztina Rády. Lio, témoin clé et amie des deux victimes, y livre un récit poignant sur sa dernière rencontre avec Krisztina, évoquant des mots inachevés et une culpabilité tenace. Le documentaire relance le débat sur le traitement médiatique des violences conjugales et les silences entourant ce double drame.
Le documentaire Netflix qui relance l’affaire Cantat : contexte et révélations
Le 27 mars 2025, Netflix dévoile De rockstar à tueur : le cas Cantat, une mini-série en trois épisodes revisitant le double drame lié à Bertrand Cantat : le féminicide de Marie Trintignant en 2003 et le suicide de son ex-femme Krisztina Rády en 2010. Ce documentaire mêle archives inédites, analyses d’experts et témoignages forts, dont celui de Lio, amie proche des deux victimes. Il interroge l’image médiatique du chanteur, longtemps présenté comme un « artiste tourmenté », tout en décryptant les mécanismes de violence conjugale.
Parmi les révélations chocs : des extraits d’interviews de proches et de journalistes dénonçant le traitement initial de l’affaire, réduite à un « crime passionnel » dans les médias. Le documentaire expose aussi comment le suicide de Krisztina Rády, mère des deux enfants de Cantat, a été relégué au second plan malgré ses appels à l’aide répétés. Des séquences inédites montrent Lio évoquant son rôle de témoin clé, entre regrets et colère, face à ce qu’elle qualifie de « déni collectif ».
Le témoignage bouleversant de Lio : « Elle voulait me dire quelque chose… »
Dans le documentaire, Lio décrit sa dernière rencontre avec Krisztina Rády, quelques mois avant son suicide en 2010. « Elle est venue me parler dans la rue. Elle voulait me dire quelque chose… Je n’ai pas reçu, je n’ai pas reçu », confie-t-elle, la voix tremblante. La chanteuse avoue un regret insurmontable : « Je m’en veux énormément. Elle n’était pas bien, et je n’ai pas su voir les signes. » Des mots qui résonnent comme un aveu d’impuissance face au drame à venir.
Le documentaire insère des images d’archives de Krisztina Rády, juxtaposées à des extraits de son journal intime où elle évoquait des violences psychologiques. Ces éléments éclairent le témoignage de Lio, révélant l’isolement de Krisztina. Netflix souligne ainsi comment des signes avant-coureurs, comme cette tentative de dialogue inaboutie, ont été ignorés – un mécanisme souvent pointé dans les affaires de violences conjugales.
Marie Trintignant, Krisztina Rády : deux destins liés par la violence
Le 1er août 2003, Marie Trintignant meurt d’un œdème cérébral après avoir reçu 19 coups portés par Bertrand Cantat lors d’une dispute en Lituanie. Sept ans plus tard, Krisztina Rády, son ex-femme et mère de ses deux enfants, se suicide en Hongrie. Le documentaire révèle que les deux femmes ont subi des violences répétées : physiques pour l’actrice, psychologiques et physiques pour Krisztina, qui avait confié à des proches « ne plus en pouvoir » avant de mettre fin à ses jours.
Le récit entrelacé de leurs vies montre un schéma commun : l’emprise de Cantat, minimisée par son statut d’artiste, et le silence entourant leurs souffrances. Netflix insiste sur le lien entre les deux drames, le suicide de Krisztina étant présenté comme une conséquence indirecte des non-dits persistants autour du meurtre de Marie. Des extraits du journal de Krisztina, où elle évoque sa « peur de lui », renforcent cette thèse.
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