Marie Trintignant décède le 1ᵉʳ août 2003 en Lituanie, victime des violences de son compagnon Bertrand Cantat, pendant le tournage du téléfilm Colette, une femme libre. Treize jours avant le drame, l’actrice envoie à sa mère Nadine Trintignant un SMS glaçant contenant les mots « Fifille battue », citation poétique de Baudelaire. Un appel à l’aide resté incompris, qui hante aujourd’hui encore sa famille et relance le débat sur les signaux d’alerte des violences conjugales, notamment à travers la série Netflix De rockstar à tueur : le cas Cantat.
Le drame de Vilnius : retour sur les heures qui ont précédé la mort de Marie Trintignant
En juillet 2003, Marie Trintignant tourne à Vilnius le téléfilm Colette, une femme libre, réalisé par sa mère Nadine Trintignant. Bertrand Cantat, son compagnon, la rejoint sur place pour « partager un moment amoureux ». Mais l’ambiance se tend rapidement : le chanteur, obsédé par l’idée qu’elle le quitte, multiplie les comportements contrôlants. Les équipes du film remarquent son isolement progressif, loin des collègues et des proches.
Le 27 juillet, dans leur chambre d’hôtel, une dispute éclate après que Cantat découvre un SMS anodin de l’ex-compagnon de Marie, Samuel Benchetrit. Selon le rapport d’autopsie, l’actrice reçoit 19 coups, dont sept au visage, avant d’être laissée inconsciente sans soins pendant des heures. Transportée en France dans un coma irréversible, elle décède le 1ᵉʳ août. Une issue tragique pour celle qui incarnait alors Colette, symbole de liberté féminine.
“Fifille battue” : décryptage du SMS glaçant envoyé à Nadine Trintignant
Le 14 juillet 2003, Marie Trintignant envoie un message troublant à sa mère : « Sois sage ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille. Fifille battue ». La première phrase, tirée du poème La Cloche fêlée de Baudelaire, contraste avec la seconde, écrite dans un langage enfantin. Selon le magazine Voici, ce SMS codé est un cri de détresse déguisé, que Nadine Trintignant n’interprète pas comme un appel à l’aide sur le moment, trop absorbée par le tournage.
Dans son livre Désir noir, la journaliste Anne-Sophie Jahn révèle que Nadine s’était pourtant inquiétée, interrogeant sa fille : « Es-tu heureuse avec Bertrand ? ». La réponse affirmative de Marie et le changement de sujet qui suit enterrent les doutes. Un silence lourd de conséquences : « Fifille battue » deviendra le symbole des signaux d’alerte ignorés dans les violences conjugales.
La jalousie explosive de Bertrand Cantat : le SMS de Samuel Benchetrit qui a tout déclenché
Tout bascule lorsque Bertrand Cantat découvre un SMS de Samuel Benchetrit, ex-compagnon de Marie Trintignant et père de son fils Jules : « Appelle-moi quand tu peux, juste pour le film. Je t’embrasse ma petite Janis ». Un message professionnel que le chanteur interprète comme une preuve d’infidélité. Lors de ses auditions, il justifie sa colère : « J’ai ressenti un sentiment d’injustice. Elle m’a dit : “Va voir ta femme !” ».
La dispute dégénère dans leur chambre d’hôtel. Marie Trintignant subit 19 coups, dont un violent coup de poing au visage qui provoque un œdème cérébral. Cantat attend plusieurs heures avant d’appeler les secours, selon le rapport médical. Ironie cruelle : l’actrice incarnait alors Colette, féministe historique, dans un téléfilm sur l’émancipation féminine.
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