Sophie amputée des jambes après un traitement pour avoir un enfant : On ne sait toujours pas ce qui s’est passé…

Julie K.
7 Min de lecture

Sophie amputée des jambes après un traitement pour avoir un enfant : On ne sait toujours pas ce qui s’est passé…
Sophie, 26 ans, et Thomas, son compagnon, plongent dans un cauchemar en février 2024 lors d’un parcours de PMA : une simple ponction ovarienne déclenche une infection foudroyante, la privant de ses deux jambes et de plusieurs doigts. « On ne sait toujours pas ce qu’il s’est passé », affirment-ils, un an après, tandis qu’ils demandent justice et affrontent les défis d’une vie transformée. Ironie du sort, des embryons congelés conservent l’espoir d’une parentalité… malgré la peur.

Le rêve d’enfant transformé en cauchemar

Sophie, 26 ans, et Thomas, son compagnon, habitent à Douvrin (Pas-de-Calais) lorsqu’ils entament un parcours de procréation médicalement assistée après des années d’essais infructueux. En février 2024, Sophie subit une ponction ovarienne, une intervention courante réalisée dans un centre hospitalier du département. « Ça devait être une étape routine de notre projet de bébé », confie Thomas.

Mais dès la nuit suivant l’intervention, les vomissements et douleurs abdominales de Sophie s’intensifient. Sa gynécologue l’incite à prendre des antalgiques par téléphone, évoquant un simple malaise postopératoire. « Samedi matin, elle ne tenait plus debout », décrit Thomas, qui finit par appeler le Samu. Malgré leurs explications sur la ponction ovarienne récente, les secours évoquent une intoxication alimentaire. Une erreur de diagnostic aux conséquences irréversibles.

48 heures qui ont tout bouleversé

Dimanche matin, Thomas emmène Sophie aux urgences, où son état empire en quelques heures. « En fin de matinée, elle était en réanimation sous coma artificiel », raconte-il. Les médecins diagnostiquent un choc septique avec infection au streptocoque A, entraînant une défaillance multiviscérale. Deux semaines plus tard, Sophie se réveille amputée des deux jambes sous le genou et de plusieurs phalanges.

« On m’a expliqué que mon corps avait dû sacrifier mes extrémités pour sauver mes organes vitaux », souffle la jeune femme. Le couple, sous le choc, refuse pourtant de sombrer. « Je n’ai pas le choix : soit je me bats, soit je reste au lit », lance Sophie, tandis que Thomas adapte son emploi de comptable pour l’accompagner au quotidien.

« Je m’en fiche du regard des gens » : le combat au quotidien

Neuf mois de rééducation intensive permettent à Sophie de retrouver une mobilité. « Aujourd’hui, je marche avec des prothèses sans béquilles. J’apprends même à courir », explique-t-elle, déterminée à repousser ses limites. Son optimisme masque à peine l’effort colossal : « On oublie que chaque geste, comme ouvrir une porte sans doigts, devient un défi ».

Le couple affiche une résilience sans faille. Thomas aménage ses horaires de comptable pour assister Sophie au quotidien, tandis qu’elle affronte les regards insistants. « Au début, ça me blessait. Maintenant, je m’en fiche », assure-t-elle. Malgré tout, une question revient : « Comment en est-on arrivé là ? », murmure Thomas, évoquant leur combat judiciaire en cours.

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